Catastrophe annoncée

Je vais peut-être me réveiller, un jour prochain, dans un pays dirigé par des fascistes. Voilà où nous en sommes. L’histoire se répète et ne semble apporter aucune leçon. Ce retour en force des idées rances me file la nausée. Je pense beaucoup à cette éventualité ces derniers temps, à ce cauchemar qui se profile. Les oiseaux continueront de chanter à l’aube comme ce matin mais moi, si l’extrême droite l’emporte en France, je vais pleurer comme un gosse, de désespoir, de peur, de rage. Je pense à tous les immigrés de ce pays, au racisme décomplexé qui va sévir, et j’ai honte. Les médias mainstream ont oeuvré pour diviser les gens et on peut dire qu’ils ont bien fait leur taf. Plus personne ne peut saquer personne. On se regarde tous en chien de faïence, sans communiquer, et la peur prend le dessus. On dit souvent que les États-Unis ont dix ans d’avance. Ce précepte va peut-être se vérifier dans le sens où la politique de Trump risque fort de s’appliquer ici dès 2027 : chasse aux immigrés, dérèglementation du travail, mise à bas de la culture, restriction drastique des libertés d’opinion. Il faudra alors choisir son camp, comme outre Atlantique chez l’Oncle Sam, où la société n’a jamais été aussi divisée. Les classes dominantes ont été tellement gourmandes en se faisant du fric sur le dos des gens ces dernières années que la pauvreté a explosé en France, un terreau propice pour faire pousser des idées de merde qui consistent à rejeter la faute de cette faillite sur le dos des immigrés qui en passant sont créateurs de richesses bien plus que profiteurs du système. Je dirais même que le système profite bien d’eux en leur réservant des salaires bas et des jobs dont aucun français bon teint ne voudrait. J’ai l’impression de dire des choses que tout le monde sait en écrivant ces lignes mais apparemment ça n’est pas le cas. Enfin, j’avais besoin de parler de ça parce qu’il est temps de ne plus se taire sur ce sujet. L’heure est grave. Il ne s’agit plus d’alternance entre la « gauche » et la droite mais la possible accession au pouvoir du fascisme. Personnellement, je dois gérer différentes pathologies graves me concernant. Une prise de pouvoir du RN me foutrait un sacré coup au moral. J’espère ne pas perdre l’envie d’être là. Si le dégoût devient mon sentiment prédominant, à quoi bon ? Lutter ? Je ne fais que ça depuis 38 ans avec ma bipolarité et maintenant des problèmes cardiaques et rénaux graves. Je suis fatigué de tout ça, je voudrais faire des choses constructives et non me battre pour retrouver un semblant de liberté. Ce monde est devenu complètement dingue. La jeunesse pète un plomb, déprime et je la comprends. Quelles sont les perspectives d’avenir ? Je crains le pire, oui. Ce billet d’humeur n’a rien de positif parce que ce qui se prépare ne l’est en rien. De mon côté, j’essaie de trouver de quoi avancer dans ma vie et en général j’y arrive mais il y a des matins comme celui-ci où tout me remonte et je ne peux plus pratiquer le déni qui nous aide à exister. 

Je parlerai d’autre chose demain… 

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