Mes rêves

Les rêves ne se racontent pas. Enfin, on ne peut s’empêcher, au réveil, de les partager lorsque l’on s’en souvient et que l’on trouve une victime qui veuille bien nous écouter. C’est ainsi. Mais les rêves ne sont beaux ou incroyables que pour celui ou celle qui les vit. Cette nuit, j’ai donc fait d’incroyables rêves, chers lecteurs-otages qui n’en avez rien à cirer, je pense. Depuis les profondeurs de mon sommeil, du moins de l’une de ses tranches, je dévalais une route nationale à plus de 100 km/h juché sur un caddie de supermarché sans grand espoir de pouvoir freiner en cas de problème. J’étais partagé entre la griserie de la vitesse largement excessive de mon charriot du diable et la peur de me tuer. J’ai parcouru ainsi plusieurs kilomètres avant que la pente ne reparte dans le sens de la montée et stoppe ma course folle. Comme par miracle, je suis arrivé dans le parking d’un supermarché de la même enseigne que celui où j’avais emprunté mon bolide. J’ai donc rendu le caddie en bon citoyen. Un psy se régalerait probablement de ce récit en lissant sa petite barbe bien taillée et en faisant des « Hmmm, hmmm ». 

— Ce caddie était-il plein ou vide ?

— Vide, docteur. J’étais debout derrière, les pieds posés sur le support amovible, celui pour ranger les bouteilles… 

— Bien, bien. Et comment se passe votre régime actuellement ? Vous mangez suffisamment ? 

— Oui, enfin il me semble… Vous croyez que ce caddie a un quelconque rapport avec mon régime ? 

Le Docteur regarda discrètement la pendule en bronze de son cabinet. Il était 11 heures 55 et s’il voulait avoir une table au Grand café, c’était le moment de conclure. 

— Je n’en sais rien. On va en rester là pour aujourd’hui, je crois.

Ceci est une fiction. Toute ressemblance avec des personnes réelles ne serait que pure coïncidence. 

Et puis j’ai rêvé aussi d’un pendu sanguinolant dans la neige, de gothiques maquillés en noir et blanc, d’une femme nue menacée par un serial killer dans une ferme abandonnée qui se trouvait être la maison de mon père. Des trucs bien sympas dont je vous épargne les détails ainsi qu’à mon vrai psy afin de lui éviter un burn out qui me mettrait dans l’embarras car j’ai besoin de lui pour mes ordonnances… 

Enfin, pour conclure, je dirais que les plus beaux rêves sont les rêves d’amour. Dans les bras de Morphée, rien ni personne ne me résiste alors mon inconscient choisit de belles créatures attendrissantes, éperdument amoureuses de moi, et la magie opère : je tombe amoureux à mon tour ! Parce que dans la vraie vie, je ne tombe pas amoureux. Jamais. C’est triste, n’est-ce pas ? Cette aptitude est réservée à mes nuits lorsque mon corps se recroqueville sous la couette en position foetale, que mon visage s’écrase lamentablement sur l’oreiller en une affreuse grimace et que ma bouche murmure entre deux filets de bave : 

— je t’aime… 

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