Modes

La maladie me donne le temps de faire pas mal de choses. J’en consacre une partie à l’observation. Je regarde les gens et essaie de les comprendre. Je peux me gourer mais j’ai l’impression que les mecs entre 30 ans et la petite quarantaine ont souvent du mal à s’affirmer en tant qu’hommes. J’en veux pour preuve cette énergie qu’ils mobilisent pour faire leurs « preuves » et qu’on ne s’y trompe pas. « Hey ! Regardez ! Je suis un mâle !! » Mais oui, mon beau, tu es un homme, je l’ai vu à ta façon de mettre ta casquette à l’envers, à cette barbe de 3 jours savamment entretenue (un peu trop ?), à ce T-shirt qui te moule les pecs, à ta façon virile de conduire… Ah oui, parce qu’un vrai mec, ça sait conduire, vite et de façon agressive. Et puis ça rate pas un créneau (l’apanage des femmes…). Devant le café, on se gare comme un bonhomme, d’un coup, sans erreur, avec une seule main sur le volant. Les vieux clichés ont la vie dure, apparemment. Bon, il faut dire que j’habite à la campagne, même si Genève n’est pas loin. Je parlais à un pote parisien depuis une trentaine d’années de ces mecs qui portent une casquette à l’envers et qui roulent des mécaniques dans le pays de Gex où j’habite et il s’est marré, me faisant remarquer qu’à Paname, seuls les gros beaufs, les pèquenauds osent cette pratique. Et la mode, on dira ce qu’on veut, c’est à Paris. Je me suis demandé si ces mecs, lorsqu’ils montent à Paris, tournent leur casquette afin de ne pas avoir l’air trop con… Possible. La mode fait faire n’importe quoi aux gens. Les jeunes nanas, elles aussi, bien souvent, en sont les victimes. Kim Kardashian fait encore des ravages question look. Faux-cils, sourcils redessinés au crayon ou tatoués, cheveux lisses, poudrées, mini sac à main, sans sourire, altières. Bref, les gens finissent par être comme les bagnoles, ils se ressemblent tous. Dans un sens, c’est logique, les modèles qu’on leur propose sont restreints. C’est difficile d’être différent de la masse, de se démarquer, alors on met sa peau de mouton et on rejoint le troupeau, c’est bien plus confortable. Parfois, dans le tram genevois, j’ai l’impression que les gens sont clonés, qu’ils portent tous les mêmes fringues, les mêmes pompes, la tête coincée dans leur smartphone… Bien sûr, c’est le vieux con qui parle, j’en ai conscience, mais il me semble que lorsque j’avais 20 ou 30 ans, on était moins axé sur la mode, qu’on s’en foutait un peu plus. Personnellement, j’aime les gens sans trop d’artifices. Lorsqu’ils sont beaux, quel intérêt ?

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