Levé à 3 heures cette nuit. Pas assez de temps pour replonger. Position verticale direction frigo. Eau citronnée. Radio d’infos. Trump, résultats sportifs : ce qui occupe les Français, soi-disant… Un « spécialiste », un crétin labellisé comme il y en a pléthore dans les médias mainstream, déblatérait un discours bien huilé sur la guerre juste que mènent les Américains contre l’Iran alors mes oreilles se sont bouchées comme le détroit d’Ormouz. Je lui ai coupé la chique pour manger un morceau tranquillement en insistant sur les protéines et notamment le fromage. Voilà mon réveil. Le reste en résumé : douche, médocs, pommade anesthésiante sur ma fistule que j’ai enrubannée d’un film plastique alimentaire et puis en route pour le centre de dialyse. Le train-train, quoi. Sauf qu’aujourd’hui ma fistule a fait des siennes… Les deux aiguilles étaient bien enfoncées dans mon bras mais pas moyen de dialyser sans que la machine ne bipe. L’infirmière a appelé Nicolas à la rescousse, l’infirmier le plus expérimenté. Il a piqué une troisième fois avec une seule aiguille (solution de secours). Ça ne voulait pas non plus… le sans coulait de mon bras, me rougissait les doigts. Pression sur les « trous ». On a stoppé les trois petites hémorragies, pansements, et je fut autorisé à rentrer. Un coup pour rien cette fois. Ma fistule est récente, ce sont des choses qui arrivent. N’empêche que ça fait bien chier. Tout ce cirque pour rien. Tiens, cette débauche inutile d’énergie, ça me fait penser à la guerre de l’autre abruti orange : des milliards partis en fumée et un peuple iranien encore plus dans la mouise qu’avant. Tu vois Donald, parfois, on croit que ça va le faire, on est confiant et puis un petit détail vient gripper la machine. Moi, c’était l’aiguille qui touchait la veine et aspirait sa paroi au lieu d’aspirer le sang. Toi, c’est un détroit bouché qui te fait enrager. Ces problèmes de circulation, c’est terrible, je sais bien. La seule différence, c’est que mon problème perso ne fait pas chier la terre entière, n’engendre pas de morts, de blessés, de déplacés, de chômage, de famine… Ton caprice à toi, oui. Bon, à ta décharge, t’es pas tout seul. Il y a des têtes pensantes qui te conseillent, te drivent. Ils te poussent à faire ce que tu fais. T’es la mascotte, pas l’équipe, j’en conviens. J’avoue que mon analogie entre ma personne et toi est un peu foireuse mais bon, je la garde. Il faut bien parler un peu des guerres actuelles vu les conséquences par ruissellement qu’elles auront sur nos vies, au delà du prix du carburant. Un mec se lève un matin et entre ses corn flakes et ses pancakes décide de bombarder un pays sans consulter autre chose que son ambition et sa haine et il faudrait ne rien dire ? Enfin, un mec… Un mec et sa bande, disons. Je parlerais bien des petits oiseaux mais il y en a de moins en moins à cause de la pollution, entre autres. En passant, on ne voit plus trop de papillons non plus. Je pourrais faire des poèmes sur mes amours mais la dialyse me contraint à l’abstinence sexuelle. Et puis je ne suis pas amoureux, même platoniquement. Les fleurs ? Mouais. J’aime trop les regarder pour en faire des vers. Bref. Je prends les sujets qui occupent mon esprit et mon patron, moi-même, n’y voit aucun inconvénient.
J’écris ce texte depuis la terrasse d’une boulangerie. Il fait bon. Le soleil rasant bascule gentiment vers le Jura. Je suis venu à pied. Il me faut de l’exercice, dixit Nicolas l’infirmier. D’après lui, je dois utiliser mon corps au maximum. Ça tombe bien, j’ai toujours aimé l’effort physique, le sport, même si j’exècre la compétition. Le corps et l’esprit on intérêt à danser un tango rabelaisien ensemble car l’un n’est rien sans l’autre. Prendre soin de l’un, c’est prendre soin de l’autre.
Il va falloir que je rentre. Le serveur est en train de ranger la terrasse. Lorsqu’on est bien quelque part et que rien ne nous oblige à partir, il faut oser rester encore et encore. Ne pas avoir de douleur, avoir l’esprit apaisé et pouvoir jouir du moment présent mérite de respecter l’instant. C’est comme lorsqu’un oiseau rare se pose sur une branche près de nous. On s’arrête, on retient son souffle et on fait une prière à la vie pour que ça dure…

Le rougequeue de Moussier, hyper rare en France. Deux individus seulement ont été vus dans le sud (2013 et 2024). Attention ! Si vous le voyez, surtout… Mais non, je déconne. Tout le monde s’en fout. La peur d’une extinction de masse est passée de mode alors pensez celle du rougequeue machin…
Et puis comme je parlais de fleurs, je vous mets en bonus une photo que j’ai faite mercredi dernier à Morges, en Suisse, lors de la fête de la tulipe.

