Matins bruns

Je me réveille avec un mal de crâne après seulement 4 heures 30 de sommeil. J’ai beaucoup rêvé, comme d’habitude, et c’est seulement en me glissant à nouveau dans mon paddock que l’odeur de mes draps me rappellera ces rêves incroyables qui animent mes nuits. Il faut que je dorme encore si je veux tenir jusqu’à ma sieste sans piquer du nez. Pour l’instant, je tapote sur les touches de mon clavier d’ordinateur, calé sur une playlist avec un bon groove, sans but vraiment. 

Souvent, le matin, depuis quelques temps, je me goinfre un documentaire politique relatif à la montée de l’extrême droite dans ce pays, dans le monde. Me tenir informé sur cette peste brune qui refait dangereusement surface, c’est ma façon de combattre. Comment ne pas y penser puisque le discours mainstream banalise des idées rances et que nos libertés, de ce fait, sont de plus en plus menacées ? Et puis la vie reprend le dessus. Il y a la musique, l’écriture, le plaisir de passer des moments en compagnie de ma mère qui avance en âge et puis les amis. Les coeurs qui battent couvrent les bruits de bottes qui pourtant se rapprochent… Parce qu’il faut bien vivre, éviter l’asphyxie. 

Nous serons probablement broyés par la machine du fascisme que rien ne semble arrêter. Je veux être debout jusqu’au dernier moment pour pouvoir crier ma colère, à ma façon, dans ces lignes maladroites revendiquant l’imperfection, la différence. 

Écrire, c’est disséquer sa propre faiblesse pour toucher l’os, solide et rassurant de sa vérité. C’est se donner une chance de ne pas sombrer dans le rejet de l’autre, le jugement, l’accusation. C’est se voir en humain, sombre et lumineux à la fois. C’est se rapprocher de ses congénères malgré ce paradoxe et les accepter, les aimer, pour ce qu’il sont. 

Il y aura, je le crains, encore des autodafés mais l’humain ne cessera jamais d’écrire son expérience, le fruit de ses réflexions. 

J’essaie de me rassurer avec l’idée que la justice n’est pas un vain mot et qu’un jour les bourreaux seront désignés et jugés. Pour l’heure, l’ignominie est portée en triomphe par des cerveaux formatés avec des slogans imbéciles et j’avoue que j’ai peur. La violence du propos se muera en coups portés, décomplexés. 

La brutalité comme seul argument. 

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