{"id":357,"date":"2026-02-24T20:12:44","date_gmt":"2026-02-24T19:12:44","guid":{"rendered":"https:\/\/letempsdeprose.fr\/?p=357"},"modified":"2026-03-13T14:43:19","modified_gmt":"2026-03-13T13:43:19","slug":"chateaux-de-sable","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/letempsdeprose.fr\/index.php\/2026\/02\/24\/chateaux-de-sable\/","title":{"rendered":"Ch\u00e2teaux de sable"},"content":{"rendered":"\n<figure class=\"wp-block-image size-large\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-387\" srcset=\"https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea-300x199.jpg 300w, https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea-768x510.jpg 768w, https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea-1536x1019.jpg 1536w, https:\/\/letempsdeprose.fr\/wp-content\/uploads\/2026\/02\/sand-castle-sea.jpg 1701w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><\/figure>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Le temps passe si vite ! L&rsquo;ennui \u00e9tant le seul moyen de le ralentir un peu, parfois. Autrement, on est emport\u00e9 par le torrent des \u00e9v\u00e9nements, sans pouvoir y faire grand chose. J&rsquo;ai 60 ans dans trois ans et je n&rsquo;ai rien vu venir. Dans ma caboche, j&rsquo;ai pas eu le temps de vieillir, contrairement \u00e0 mon corps qui lui, je l&rsquo;avoue, accuse le coup. Ces r\u00e2les que j&rsquo;\u00e9mets parfois en changeant de position sont annonciateurs d&rsquo;une potentielle vieillesse arthritique, si la vie me laisse le temps.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Car tout peut basculer d&rsquo;un moment \u00e0 l&rsquo;autre. Nous b\u00e2tissons nos existences telles des ch\u00e2teaux de pierre mais ils ne sont que de sable devant une mar\u00e9e montante.\u00a0<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">J&rsquo;\u00e9tais dans le cabinet de l&rsquo;oncologue lorsqu&rsquo;il a annonc\u00e9 \u00e0 mon compagnon, il y a 4 ans de cela, qu&rsquo;il fallait qu&rsquo;il fasse ses adieux \u00e0 sa famille parce qu&rsquo;il ne lui restait environ que deux semaines \u00e0 vivre, rong\u00e9 qu&rsquo;il \u00e9tait par le crabe. Il a encaiss\u00e9. Moi, je ne voulais pas chialer et puis de retour dans sa triste chambre d&rsquo;h\u00f4pital, je me suis effondr\u00e9. C&rsquo;\u00e9tait trop.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Des larmes coulent le long de mes joues alors que j&rsquo;\u00e9cris ce texte dans un caf\u00e9, en repensant \u00e0 cette p\u00e9riode. C&rsquo;est incontr\u00f4lable, moi qui d\u00e9teste pleurer en public. Au t\u00e9l\u00e9phone, plus tard, quelques jours avant de mourir, il m&rsquo;a dit : \u00ab\u00a0Profite de la vie, profite !\u00a0\u00bb Des mots simples qui m&rsquo;ont broy\u00e9 le c\u0153ur et marqu\u00e9 \u00e0 jamais.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Profitez de votre putain de vie, chers humains ! Et par piti\u00e9, arr\u00eatez de faire chier ceux y arrivent !&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">J&rsquo;ai attendu d&rsquo;avoir 50 ans pour balayer les choses qui m&rsquo;encombraient. Je reviens de si loin&#8230; La maladie m&rsquo;a beaucoup appris. Elle a fait de moi quelqu&rsquo;un de combatif et m&rsquo;a permis de tester ma force de vie, puissante. Maladie psychiatrique puis physique, graves. J&rsquo;ai laiss\u00e9 pas mal de plumes dans cette lutte : mes reins, ma m\u00e9moire qui d\u00e9faille et j&rsquo;en passe&#8230; Mais je m&rsquo;en cogne car je vis comme je l&rsquo;entends, sans vraiment craindre la mort. Et pourtant, j&rsquo;ai souvent senti son souffle me caresser les oreilles&#8230; J&rsquo;ai eu une vie incroyable et elle peut s&rsquo;arr\u00eater demain, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 combl\u00e9. Merci \u00e0 mes parents, mes amis, mes amours, la nature, la terre, le soleil et tout ce qui fait que l&rsquo;on se bat malgr\u00e9 la souffrance.&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Ce texte n&rsquo;est pas un testament, d\u00e9trompez-vous. Juste une mise au point. J&rsquo;ai jamais autant aim\u00e9 \u00eatre ici. Je ne sais pas si c&rsquo;est par conscience de ma dur\u00e9e mais je savoure d&rsquo;avantage les choses. Philippe Delerm a \u00e9crit un bouquin ayant pour titre : \u00ab\u00a0La premi\u00e8re gorg\u00e9e de bi\u00e8re et autres plaisirs minuscules\u00a0\u00bb. Il aurait pu parler de la derni\u00e8re gorg\u00e9e, celle de l&rsquo;alcoolique qui d\u00e9cide de se sevrer, par exemple. Parce qu&rsquo;il est essentiel de consid\u00e9rer ce que l&rsquo;on fait comme autant de derni\u00e8res fois et de s&rsquo;en d\u00e9lecter. On atteint ainsi la substantifique moelle. Rien ne doit \u00eatre abandonn\u00e9 \u00e0 la routine, \u00e0 la banalit\u00e9 car exister est une chance inou\u00efe. L&rsquo;univers est infini et nous nous sentons si petits mais nous l&rsquo;observons,<\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-medium-font-size\">Et cette conscience est un cadeau !&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le temps passe si vite ! L&rsquo;ennui \u00e9tant le seul moyen de le ralentir un peu, parfois. Autrement, on est emport\u00e9 par le torrent des \u00e9v\u00e9nements, sans pouvoir y faire grand chose. J&rsquo;ai 60 ans dans trois ans et je n&rsquo;ai rien vu venir. 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