Nos frères

Étranges ces expressions de singes, n’est-ce pas ? On sent dans ces regards une bienveillance. Une peur aussi, peut-être. 

Ils sont si différents entre eux, nos frères. Comme nous, en définitive. 

Les chimpanzés sont de moins en moins nombreux. La déforestation, le braconnage, le changement climatique, les guerres entre humains auront sûrement raison des derniers si l’on ne fait rien. Et rien ne sera fait. 

Je regarde ces visages et je ressens comme une gêne qui confine à la honte. Je suis d’une race qui massacre et au sein de cette race, ceux qui s’y opposent sont priés de rentrer dans le rang ou sont broyés. 

Je pense à ces êtres attachants aux longs bras qui parfois étreignent leurs soigneurs affectueusement dans les zoos, les réserves, sans aucune rancune. 

Nous avons trahi nos frères les singes, souillé tout ce qui est beau et piétiné le vivant dans sa globalité au nom du fric. Il n’y a pas de richesse vertueuse mais seulement un trop qui manque à ceux qui n’ont pas assez, un iniquité délétère qui fait des ravages. Les possédants sont glorifiés dans les magazines au papier glacé. On banalise l’ignominie. Et puis un jour, le vent tourne un peu et la machine se grippe. Un milliardaire qui se croyait au dessus des lois et légitime dans l’obscénité éclabousse la planète entière et emmène avec lui ses complices ou ses valets. On découvre les dérives du monde de l’argent. Le couvercle de la marmite se soulève et l’odeur qui s’en dégage fait tourner de l’oeil. Le système révèle alors sa véritable nature. La suite ? Un grand saut vers l’inconnu, en espérant que le fascisme ne métastase pas sur tout le globe. Le fascisme comme alternative au partage des richesses si redouté par les grands possédants. 

Le rapport avec les chimpanzés ? La déforestation, le braconnage, le changement climatique et les guerres sont les résultantes d’une politique basée sur le profit maximum, sans aucune limite, au détriment de ce que nous devrions chérir et glorifier : le vivant. 

Troublant ces visages presque humains, n’est-ce pas ? 

Ils ne semblent même pas nous en vouloir. 

Une leçon. 

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