
Pour jouer du blues
Avec mon trombone cabossé
Pas pour du flouze
Mais juste pour prendre mon pied
J’ai descendu la rue
De mon quartier trop calme
Bien résolu
À faire un peu de ramdam
D’un pas décidé
J’ai mis l’cap sur « le Grillon »
un coinstot branché
Où faire vibrer mon pavillon
Quand j’suis arrivé sur place
La boîte était fermée
J’ai trouvé en lieu et place
Un resto chic pour banquiers
D’un pas décidé
J’ai tracé « Chez Mémère »
Un café déglingué
Où les jams dégénèrent
Une fois devant ce vieux bouge
Je suis resté pantois
Plus de jazz, plus de blues
Juste un bureau d’tabac
Alors j’ai parcouru la ville
Avec mon biniou dans le dos
Une quête bien inutile
Tous les clubs ont fermé l’rideau
J’ai sorti mon vieux trombone
Pour jouer sur le trottoir
Avant qu’on m’emprisonne
Pour tapage notoire
Dans ma cellule de dégrisement
J’ai chanté pour les poulets :
Y a plus de musique à présent
Ce monde est si triste, si laid
Y a qu’des écrans dans les yeux des gens
Dont le cœur est à l’arrêt
Y a des écrans dans les yeux des gens
Dont le cœur est à l’arrêt…
Un petit blues accompagné par René Willener, mon poto, à la guitare. J’étais censé jouer du trombone sur cette chanson mais la vie en appartement en a décidé autrement… J’ai opté pour l’harmonica blues, plus discrète lorsqu’il s’agit d’enregistrer chez soi.
