
Exceptionnellement, ce matin, je me suis levé après le soleil sans être obligé d’allumer la lumière du salon pour ne pas me péter la gueule en rejoignant le frigo. J’avais la gorge sèche et devais la rincer en urgence avec une citronnade bien fraîche.
Mon corps me remercie pour cette nuit presque réparatrice et m’envoie des signes d’apaisement. Mes muscles semblent enrobés dans du coton. Pas de douleur. « Le bonheur, c’est quand les emmerdes se reposent » disait Georges Wolinski. Il y a de ça, effectivement. Parce qu’en ce moment, en général, je déguste. Rien que me retourner dans mon lit pour trouver une meilleure position m’arrache des râles de vieil arthritique en fin de parcours. Mais ce matin, pause. Pourquoi ? Le corps et l’esprit ont leurs mystères…
Des clips défilent sur mon écran d’ordinateur. Un casque stéréo posé sur mes oreilles me balance de puissantes basses. Destin Conrad, un jeune chanteur gay laisse dégouliner sa R&B sensuelle sur mes tympans. Du bon son.
Je jette un oeil par la fenêtre. Le ciel se teinte de bleu. Merde, que la vie est belle quand elle ne fait pas trop chier !
Bien sûr, je garde dans un coin de mon esprit l’état de la planète, ce que les humains en ont fait et ce qu’ils se font entre eux mais il faut savoir occulter tout ça de temps à autres pour respirer un brin. Il nous faut vivre en apnée, plonger dans des eaux troubles en retenant notre respiration mais aussi remonter à la surface régulièrement afin de prendre de l’air. Sinon, c’est l’asphyxie. Et pour moi, c’est aujourd’hui que je connais un peu de répit. Du moins, je l’espère… Les journées peuvent vriller d’une minute à l’autre alors jouissons pendant qu’elles se montrent radieuses.
Que c’est étrange, je commence à être bien dans ma tête à un âge où ma santé n’a jamais été aussi mauvaise.
Pourquoi faut-il ranger ses jouets quand on commence tout juste à s’amuser ?
