Je remonte doucement la pente avec un peu d’énergie qui à nouveau circule en moi. Parer au plus urgent : arroser les plantes qui font la gueule : pothos, orchidées, rosier, althéa, menthe marocaine et j’en passe. Demain, c’est le jour de ma dialyse et de mon bilan sanguin mensuel. Je ne suis pas à l’abri d’une surprise. Personne ne l’est. Maintenant, pour la santé, il est préférable d’être confiant parce que l’angoisse est destructrice. Disons que je suis inquiet. Il y a trois degrés dans la peur : l’inquiétude, l’angoisse et la panique. 

Les feuilles de mes plantes se redressent tranquillement après un gros stress hydrique dû à ma négligence passagère. J’ai mis un peu d’ordre dans mon appartement. Une bonne soul dans ma sono et la vie retrouve un peu de couleurs. Cela fait 6 mois que je suis sur liste d’attente pour une greffe rénale. Je suis sidéré que le temps ait passé si vite. En fait, il n’est pas déraisonnable d’envisager qu’on m’appelle parce qu’on aura trouvé un greffon pour ma pomme. Il faut que j’ai cette éventualité à l’esprit. On me téléphonera la veille et je serai opéré le lendemain. Suite au coup de fil, je vais sauter dans une voiture direction Grenoble. Je sais que je vais pleurer comme jamais, de joie, de trouille, par relâchement de la pression. Ça va être une émotion dingue. Enfin, je me le souhaite… D’ailleurs, je ne sais pas si on n’est pas sensé faire la route en ambulance, pour des raisons de sécurité. C’est pas rien une greffe. J’ai été surpris d’apprendre certaines choses d’ailleurs. Notamment qu’ils laissent les deux reins malades en place. Le nouveau et unique rein qu’on implante est placé dans le bassin, plus précisément dans la fosse iliaque, à droite ou à gauche selon la personne. Le rein est raccordé à l’artère iliaque (pour recevoir du sang oxygéné) et à la veine iliaque pour le retour du sang. Les vaisseaux rénaux natifs sont souvent abîmés par la maladie. L’uretère qui relie le rein à la vessie est suturé directement à la vessie. L’opération dure de deux à quatre heures. On urine les premières heures après l’opération, au plus tard les premiers jours.

Sans la médecine, il y a belle lurette que je serais mort. Elle est mon seul espoir. Même si le lithium m’a flingué les reins, je dois reconnaître qu’il m’a évité le pire de la bipolarité. Une machine me tient en vie et un chirurgien me redonnera probablement mon indépendance et ma santé. Je me courberai bien bas pour lui baiser les pieds ! Merci à tous ces gens qui oeuvrent pour me maintenir en vie. Certains diront qu’ils sont payés pour ça… Certes, mais d’autres catégories d’individus sont payés pour semer la mort et la souffrance alors je rends hommage aux gens qui soignent, même si des charlatans se glissent dans le lot. Merci, merci et encore merci !

Un commentaire

  1. Trois reins ? Quel étonnement …
    Les deux premiers ont fait ce qu’ils ont pu.
    Peut-être bien qu’on les garde pour cela.
    Il sont malades. Ils ne sont pas la maladie.
    Aussi pourront-ils témoigner de ton parcours, aussi vite que possible, lorsque tu iras bien

    Philippe

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